Mary Recordon : L'écriture de certaines vies est totalement parsemée d'embûches, de faux semblant dérisoires mais à la fois véritables. On aura probablement jamais le temps ou même le courage de faire ce dont on a envie. Avec certaines personnes. Avec beaucoup de personnes. Pour nous même finalement.
Je n'ai pas cessé d...'écrire, j'ai seulement arrêté de montrer ce que je pensais. Je me suis aperçu que ce n'étais pas essentiel. Après tout, les gens se font tous de fausses images des autres. Ils écoutent les dires, les rumeurs, les gossip et puis ils se plantent totalement, et pour moi, c'est presque ça le comique. On vit tous dans une énorme comédie, qui, croyez moi ou pas, ne s'arrêtera jamais.
Les gens ne vous aime pas et ne vous détestent pas pour ce que vous êtes, mais pour le paraître qui se dégage de vous, rien de plus, rien de moins. Le jour où vous aurez la chance de trouver les bonnes personnes, celles qui envoient tout ça, péter très haut, qui vous trouveront canon, drôle, exceptionnel, bonne, adorable, enivrant, taré, ouf, incroyable, quoi que vous fassiez et quoi que les autres pensent vulgairement de vous, vous pourrez alors vous estimer royalement chanceux. Ces personnes là, nous avons tous l'impression de les trouver chaque jour, en buvant un verre, en discutant, en embrassant, en couchant, et puis au final, c'est juste du vent. Et, que ça ai été un vent frais et réjouissant ou non, ce sentiment de plantage incroyable reste forcément encré quelque part.
Ce soir, alors que je me retrouve en tête à tête avec mon adorable (oui adorable, bande de merdes) compagnon à quatre pattes au prénom fataliste et que j'écoute du Tracy Chapman à m'en faire péter les oreilles, je me rend compte que je suis probablement une de ces chanceuses.
Durant environ une semaine, j'ai lâché très loin, les «salopes», «homme à femmes», «allumeuses», «immatures», «superficielles», les «j'ai envie d'être avec toi, mais je n'ai pas envie de toi», «gros cul», «filles inintéressantes et inintelligentes», «personnes qui tentent de se donner un style qu'elles n'ont pas», «mauvaises personnes», «elles sont bonnes» et toutes ces choses totalement abstraites, maladroites et parfois destructrices que seuls, les gens à qui vous êtes totalement inconnus peuvent vous balancer à la face.
Au delà de tout ça, il y a les gens qui ont, du moins vous l'espérez, compris pourquoi vous vous comportiez de telle ou telle manière. Qui, du fait de vous connaître un peu, peuvent démentir toutes ces choses et affirmer où sont les bonnes personnes.
Pour nous, il y a le fire, André, la clope, l'ivresse, le plaisir de plaire, Blue, les tapages dvd, se déhancher sur tout et n'importe quoi, l'Art, la photographie, un avenir qui sera des plus canons, ramasser du bois, bouffer des crêpes à s'en faire sauter le ventre, gonfler ses joues de manière amusante, parler de tout et de rien, aller dessiner de la merde simplement histoire d'être ensemble, porter des vêtements qui ne sont pas à nous, écouter les gens nous raconter leurs histoires, trinquer «A nos vies de merde dans ce monde de merde qui tire à sa fin» prendre le tacos, faire la fête, faire plaisir, rire, préparer un mariage Franco-anglais, finir par se quitter.
Et puis, au delà de tout, il y a le fait même d'être ensemble.
Bonne soirée.